Interview de Jean-François Conil-Lacoste, Directeur Général de Powernext
Invia
Newsletter
14 November 2007
| Powernext se recentre sur son positionnement originel, l’énergie, en cohérence avec l’ensemble de ses actionnaires énergéticiens au moment où s’accélère le processus d’intégration en Europe. Jean-François Conil-Lacoste, son directeur général, veut en faire, en collaboration avec l’allemand European Energy Exchange (EEX), le marché européen de référence de l’électricité. |
De plus, il annonce que ses équipes font tout leur possible pour qu’une bourse du gaz naturel soit opérationnelle en France avant le 1er janvier 2009.
Sia Conseil : Suite aux récentes annonces de rapprochement entre EEX et Eurex ou encore d’alliance entre Nyse Euronext et la Caisse des Dépôts, comment envisagez-vous l’avenir de Powernext Carbon ?
Jean-François Conil-Lacoste (J-F. C-L.) : Avant tout, rappelons le contexte dans lequel Powernext Carbon a été lancé : à l’époque de la mise en place du PNAQ 1 (Plan National d’Affectation de Quotas d’émission de CO2), début 2005, il était urgent de se doter d’une bourse de quotas de CO2. La taille et les activités de Powernext lui conféraient la réactivité nécessaire pour répondre rapidement à la demande des pouvoirs publics et de ses clients énergéticiens, en étroite collaboration avec la Caisse des Dépôts.
Depuis, Powernext Carbon est devenu le leader européen sur le marché Spot des quotas d’émission, avec une part de marché de 60%.
Aujourd’hui, Powernext doit valoriser cet actif dans un marché qui se mondialise avec les CER (crédits Kyoto) et demain d’autres marchés de gaz à effet de serre. Toutes les grandes bourses de dérivés se mobilisent : Eurex, Nymex, CME….
Pour faire face à une concurrence accrue, il est également nécessaire d’étoffer notre offre de services avec des produits à terme et de disposer d’un réseau de commercialisation mondial. Cela rend logique une stratégie de rapprochement avec notre actionnaire de référence, Euronext, qui depuis son rachat par NYSE est devenu un acteur majeur sur la scène internationale.
Cet adossement va permettre de démultiplier le savoir-faire acquis par Powernext Carbon dans une logique industrielle. Cette évolution permettra également à Powernext de se recentrer sur son positionnement originel, l’énergie, en cohérence avec l’ensemble de ses actionnaires énergéticiens au moment où s’accélère le processus d’intégration en Europe.
Sia Conseil : Avec la plateforme d’équilibrage, Powernext Balancing GRTGaz, vous réalisez actuellement une prestation de service pour le compte de GRTgaz. Quelle est votre ambition pour le gaz naturel ?
J-F. C-L. : Dans le domaine du gaz naturel, Powernext a l’ambition de réaliser à l’échelle nationale ce que nous avons initié dans le domaine de l’électricité.
Avec cette plateforme d’équilibrage, GRTGaz peut quotidiennement faire appel au marché pour acheter ou vendre le gaz nécessaire à l’équilibrage de son réseau.
Pour aller au-delà et faire émerger une véritable place d’échange nationale du gaz naturel, la réduction du nombre de zones d’équilibrage constituera une avancée significative.
La création au 1er janvier 2009 d’une grande zone Nord, issue de la fusion des zones actuelles Ouest, Nord et Est, simplifiera l’organisation du réseau de transport de GRTgaz et créera ainsi les conditions de liquidité qui justifie la mise en place d’une bourse du gaz naturel.
Bien entendu, Powernext compte jouer un rôle majeur. Des études et des concertations avec les différentes parties prenantes sont en cours et nous ferons notre possible pour être fin prêts avant cette échéance !
Sia Conseil : On peut dire que Powernext a été moteur dans les différentes initiatives d’intégration de la plaque centrale. Quelle est votre vision stratégique pour le marché européen de l’électricité ?
J-F. C-L. : Au niveau européen, les évolutions principales sur le marché de l’électricité spot porteront sur l’extension des zones de couplage et la consolidation éventuelle des bourses…
Powernext a été l’un des six promoteurs du premier couplage de marchés en Europe continentale, celui reliant les Pays-Bas, la Belgique et la France (TLC) opérationnel avec succès depuis novembre 2006. D’autres projets sont en cours, notamment le projet NorNed, un câble sous-marin de 700 MW reliant la Norvège et les Pays-Bas en fonction depuis peu. Il existe aussi un projet de couplage entre l’Allemagne et le Danemark prévu pour juin 2008. Il devient difficile de mener de front tous ces projets et nécessairement des priorités se font jour.
Pour Powernext, la prochaine grande échéance est le projet dit CWE pour Centre Ouest Europe étendant le TLC à l’Allemagne et au Luxembourg d’ici à janvier 2009. Un engagement formel entre les cinq pays a été signé le 6 juin dernier. La zone CWE représente une consommation électrique de plus de 1300 TWh, soit plus du tiers de la consommation européenne.
Dans ce contexte, une consolidation des bourses partenaires ferait du sens. Ainsi émergerait une bourse unique sur cette zone, oeuvrant en étroite collaboration avec les gestionnaires de réseau. L’interrégionalité, par exemple entre la zone scandinave ou la zone ibérique et la zone CWE, pourrait être assurée par la mise en place d’un dôme central, un « Coupling Office », dans le cadre d’un partenariat capitalistique entre bourses et GRT) assurant la gouvernance et la coordination inter-régionale.
En termes d’évolutions produits, nous pourrions aussi nous attendre à un plus grand développement des produits dérivés. Seulement, le contexte législatif actuel en France (existence de tarifs régulés très inférieurs aux prix de marché …) n’y est pas favorable. Il s’est négocié sur Powernext en octobre 4 TWh sur le marché spot et 11 TWh sur le marché à terme.
Sia Conseil : Powernext évolue dans secteur très concurrentiel et qui plus est, en cours de consolidation, comment pensez-vous rester compétitif ?
J-F. C-L. : Powernext est une société rentable et efficace. Notre offre est parmi les plus compétitives en Europe, grâce à une bonne maîtrise des coûts de structure et, notamment, du système d’information. Ce qui nous permet d’envisager une fusion « entre égaux » avec EEX, le marché allemand, de nos activités spot électricité respectives.
Powernext reste une petite structure de moins de 50 salariés particulièrement compétents, avec un turn-over très faible. Notre fonctionnement en mode Start Up, complété par un réel savoir-faire en matière de gestion de projet, nous permet d’être très réactifs. Le lancement réussi de Powernext Carbon dans un délai très court en est l’illustration.
A l’avenir, tout en participant à l’intégration des marchés de l’énergie en Europe, nous nous efforcerons d’anticiper les besoins des acteurs et de mettre à leur disposition des outils innovants et performants. La bourse est avant tout un facilitateur.
Sia Conseil : Comment voyez-vous le paysage concurrentiel de demain ?
J-F. C-L. : La consolidation est inéluctable et nous sommes aujourd’hui bien placés pour mener plutôt que subir de tels mouvements.
Sur le marché de l’électricité spot devrait émerger une bourse pan européenne initiée par une fusion franco-allemande mais résolument ouverte aux autres bourses. En matière de dérivés, des accords de coopération et de partenariat devraient se développer entre les marchés dérivés existants.
| PARCOURS |
| POWERNEXT |
Articoli in : Approvvigionamento,Attività ,Commodity,Deregulation,Energia,Gas naturale,Interviste,Mercato dell'energia,Temi,Tipologia
Commenta
HTML autorizzato
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>
Trackback this post